Monsieur le Préfet,

La presse relate le cas d’un couple érythréen arrivé en février dernier en France avec son fils de 4 ans après un périple via l’Ethiopie, le Soudan, la Libye, puis la Sicile gagnée par la mer et enfin Vintimille et auquel les services de la Préfecture auraient refusé de délivrer un dossier permettant l’enregistrement de leur demande d’asile.

Le tribunal administratif de Nice ayant été saisi, celui-ci a tranché vendredi 31 mars en faveur de cette famille, estimant qu’une « atteinte grave au droit d’asile » avait été portée. « Compte tenu de la vulnérabilité des requérants » (Madame étant enceinte), le juge avait donné « trois jours ouvrés » pour enregistrer la demande du couple. Or, malgré ce jugement, la famille a été arrêtée hier 3 avril, dans le train qui les menait à Nice pour se rendre en préfecture.

Il semblerait que leur situation personnelle ait été depuis réglée. Mais il est peu admissible que ce type de situation puisse perdurer en France, pays signataire de La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ainsi que de la Convention de Genève de 1951.

Pour l’avenir, il conviendrait que tous les moyens soient mis en œuvre pour remédier aux erreurs qui ont provoqué cette « atteinte grave au droit d’asile » afin d’éviter de tels dysfonctionnements.

Dans cette attente, veuillez croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de mes respectueuses salutations.

                                                                                               

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   Dominique BOY-MOTTARD