Conseil municipal du 03/02/17

Interventions de Dominique Boy Mottard

Délibération 1.2 Acquisition d’une œuvre d’Ernest Pignon-Ernest

Cette délibération sera tout d’abord, en ce qui me concerne, l’occasion de féliciter les organisateurs de la superbe exposition Ernest Pignon-Ernest au MAMAC. Et dans la foulée de poser la question suivante : l’œuvre qu’il nous est proposé d’acheter est-elle celle qui figurait dans l’exposition ?

Si tel est le cas, le choix de l’œuvre « Série Pasolini » est judicieux car il s’agissait incontestablement d’un point fort de l’exposition. Même si on préfère les œuvres de ce peintre sur les murs – ce qui est leur vocation première – que dans un musée…

Mais ne boudons pas notre plaisir. Bien sûr nous voterons cette délibération.


Délibération 1.3 – Convention de coordination entre la police municipale et la police nationale

Tout ce qui va dans le sens d’une meilleure coordination entre la police nationale et la police municipale mérite d’être approuvé. Ces deux grands corps de fonctionnaires ont vocation à travailler ensemble dans l’intérêt de la sécurité des citoyens.

Nous sommes cependant un peu surpris de constater que cette délibération nous demande seulement d’approuver le principe d’une telle convention dans la mesure où on aurait pu penser, après les événements tragiques qui ont endeuillé notre ville et les polémiques stériles qui ont suivi, qu’il y avait urgence à l’adopter.

Globalement, la rédaction de cette délibération n’est pas très claire. On nous parle dans les « considérant » de la « présente convention » qui précise ceci, qui détermine cela, qui est conclue pour une durée de trois ans, etc. Mais de quelle convention s’agit-il puisqu’on nous demande, je le répète, d’approuver seulement le principe et qu’aucune convention n’était jointe à la délibération. À moins que la convention dont il est question dans ces « considérant » soit celle dont il est dit qu’elle a été signée le 10 février 2016 et qu’elle doit être actualisée pour la rendre conforme à la nouvelle réglementation en vigueur ? Sauf que, en préparant ce conseil, j’ai essayé de trouver cette convention signée le 10 février 2016, en vain. Est-ce qu’elle existe ? Est-ce que la date est erronée ? Est-ce qu’il s’agit d’une convention plus ancienne (il y en a eu une en 2013) qui aurait seulement été prorogée à cette date en attendant qu’on se décide enfin à en passer une nouvelle ?


Délibération 1.4 – Demande de financement auprès du FIDP et des partenaires institutionnels…

Cette délibération ne nous pose pas de problème, au contraire, quant à l’aide aux victimes : elle est nécessaire.

Cette délibération ne nous pose pas de problème, au contraire, quant à l’équipement de protection et d’intervention de la police municipale : il est nécessaire

Par contre, cette délibération nous pose un problème quant aux mesures de prévention, notamment la prévention de la radicalisation, car ces mesures sont quasi inexistantes, du moins dans cette délibération, au-delà de certaines affirmations générales. Nous manquons en effet cruellement d’informations quant aux actions qui sont menées en ce sens par notre municipalité. Nous avons d’ailleurs demandé en commission à ce qu’une synthèse des dispositifs mis en œuvre nous soit transmise car nous n’avons aucun bilan sur la cellule municipale qui s’occupe de cette thématique (chiffres, actions, nombre de personnes signalées, comment sont-elles traitées…) ce qui a été noté par les services.

On sait l’importance qu’il y a à tisser du lien social dans certains quartiers où se concentrent des populations précaires. On sait qu’il existe des associations qui font un travail admirable en ce sens. Pourtant, que faisons-nous pour les aider ? Monsieur le maire, je voudrais rappeler ici les déconvenues d’une de ces associations, l’AMICA, qui intervient à l’ouest de la ville dans le quartier de La Vallière. Ce quartier ayant été sorti des quartiers prioritaires, le dossier déposé par l’association au titre de la politique de la Ville n’a pu être retenu. Cette association ne dispose plus d’aucune aide aujourd’hui parce que suite à cette erreur, elle n’a pas sollicité d’aide au titre du droit commun. Compte tenu des actions menées par cette association que tout le monde connaît bien, le minimum aurait été de la prévenir suffisamment à temps du problème pour qu’elle puisse réorienter sa demande, au lieu de se réfugier derrière cette petite erreur pour lui refuser toute subvention. Du coup, sans contrat, plus moyen pour les bénévoles d’intervenir dans les écoles pour l’aide aux devoirs, aucune salle n’est disponible pour eux dans l’Animanice de La Vallière. Sans local, difficile de remplir leur objectif : s’occuper d’un jeune public fragile qui nécessite un accompagnement renforcé si on ne veut pas que les extrémistes religieux à l’affût qui viennent tourner dans le quartier les récupèrent. Parce qu’au travers des groupes de parole et des cours, on peut transmettre les valeurs de la République. Et quoi de plus important pour prévenir la radicalisation ?

Monsieur le maire, Monsieur le 1er adjoint, notre municipalité serait-elle à ce point démunie qu’elle ne pourrait trouver une solution pour l’hébergement des activités de cette association ?


Délibération 16.3 – Cession de l’immeuble du CCAS

Nous comprenons le souci du CCAS de mener à bien la réalisation d’un centre multi-accueil dédié à la personne âgée et son besoin de trouver les financements nécessaires. Nous n’aurions pas d’opposition à formuler à la mise en vente du bâtiment de la place Pierre Gauthier, si on pouvait avoir une idée de ce qui s’y fera par la suite. Le lieu est quand même symbolique et la place présente un intérêt patrimonial certain.

Que cette vente puisse se faire sans restrictions nous surprend : on ne peut imaginer n’importe quelle installation immobilière ou commerciale à cet endroit-là.

Face à ces incertitudes quant à ce qu’il adviendra de l’immeuble en question, nous préférons pour l’heure nous abstenir.


Délibération 17.2 – Convention de partenariat avec la Villa Arson

Tout partenariat entre la Ville et la Villa Arson est bon à prendre. Je me souviens de l’époque où la Villa Arson faisait office de bunker culturel d’Etat au cœur de la Cité. La convention témoigne d’une volonté de travail en commun et il est de l’intérêt de la ville de valoriser le travail de cette institution culturelle prestigieuse.

Toutefois, on peut être surpris par la modestie des sommes engagées. Est-ce une volonté commune des deux partenaires de ne pas aller trop loin trop vite ou une volonté unilatérale de la part de notre municipalité ?


Délibération 23.2 – Subvention à la Compagnie Miranda

Cette subvention somme toute modeste est l’occasion de souligner l’excellent travail de la Compagnie Miranda qui œuvre depuis des années dans le milieu scolaire en utilisant le théâtre pour faire de la pédagogie citoyenne auprès des jeunes de notre ville, ce dont nous avons bien besoin.


Conseil municipal du 03/02/17

Intervention de Marc Concas

Extrait de l’intervention de Marc CONCAS concernant la délibération 0.2 sur le budget :

[…] En cette période où nos concitoyens sont particulièrement troublés par les récentes révélations de la presse, nous nous devons de rappeler haut et fort que depuis le mois d’avril 2014, notre municipalité s’est dotée d’un comité d’éthique.

Ce comité d’éthique est une autorité indépendante qui contribue, par ses avis, au respect de l’éthique devant guider l’action publique de chaque élu municipal dans l'exercice de ses responsabilités.

Ma proposition est simple :

Je nous invite Monsieur le Maire, mes chers collègues, à saisir collectivement le comité d’éthique afin que celui-ci vérifie individuellement la situation de chacun de nous, sur les questions liées à l’embauche éventuelle de conjoints ou d’enfants d’élu et que le comité puisse s’assurer, si tel était le cas, que ces embauches et la rémunération qui en découle, correspondent bien à une prestation réelle de travail.

Il est en effet essentiel d’adresser un signal fort, en premier lieu aux niçois à qui nous devons rendre des comptes au quotidien, mais aussi et surtout à l’ensemble de nos concitoyens.

Nous frapperions ainsi les esprits et je suis persuadé que de nombreuses municipalités nous emboiteront le pas et souhaiteront comme nous, mettre en œuvre cette nécessaire clarification afin de tordre le coup aux rumeurs et faire taire l’insupportable « tous pourris ».

Vous me manquez pas Monsieur le Maire, de rappeler que notre ville tire sa singularité de sa capacité à innover.

Vous avez là une occasion rêvée de confirmer ce principe.

Nice sera ainsi la première commune à avoir donné à ses administrés, à un moment clé de la vie politique, à 80 jours de l’élection présidentielle, et au moment où nous votons le budget de l’année 2017, des gages de sérieux, d’honnêteté et de souci de respect des règles.

Voilà ma proposition Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Je suis persuadé que le comité d’éthique nous confirmera rapidement qu’aucun de nous n’a failli dans sa tâche et que nous sommes tous dignes du mandat qui nous a été confié.