Interventions en séance du Conseil Municipal du 26/06/2015

Sommaire :

0.1 – CANDIDATURE POUR L’INSCRIPTION DE LA PROMENADE DES ANGLAIS AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO – MISE A L’ÉTUDE D’UNE AIRE DE MISE EN VALEUR DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE

0.2 – CONCERTATION EN VUE DE L’ÉLABORATION D’UN PLAN D’ACTIONS EN  FAVEUR DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT DE PROXIMITÉ     

1.1 – REQUALIFICATION ET VALORISATION DU SECTEUR DU RAY – LANCEMENT   D’UNE CONSULTATION – BAILLEURS – CONCEPTEURS EN CHARGE DE LA RÉALISATION D’UNE OPÉRATION IMMOBILIERE.

5.6 – RÉALISATION D’UN PROGRAMME DE LOGEMENTS SOCIAUX SIS RUE TRACHEL, PARKING DU SQUARE DU COLONEL JEANPIERRE – APPROBATION DU PRINCIPE DE DÉCLASSEMENT D’UN ESPACE PUBLIC COMMUNAL ET AUTORISATION DE DÉPOT D’UNE DEMANDE DE PERMIS DE CONSTRUIRE


 

0.1 – CANDIDATURE POUR L’INSCRIPTION DE LA PROMENADE DES ANGLAIS AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO – MISE A L’ÉTUDE D’UNE AIRE DE MISE EN VALEUR DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE

Mme BOY-MOTTARD

Nous  voterons bien  sûr  pour  une  délibération dont  la  finalité   est  de  renforcer la candidature de la Ville de Nice concernant l’inscription de la Promenade des Anglais au Patrimoine de l’UNESCO. En effet, la Promenade des Anglais est probablement – en tout  cas elle l’est  pour  moi – le plus  beau  symbole  de l’ouverture au monde de la ville de Nice.  Alors que  d’aucuns veulent  parfois  figer notre ville en faisant montre d’un  chauvinisme quelque peu desséchant, il est réconfortant de penser que cette inscription, une  fois actée  par  les Nations-Unies, pourra mettre en  évidence  que  la vocation première  de  notre ville  européenne et  méditerranéenne est  précisément d’être ouverte au monde.

Cette inscription aura  de plus le mérite de protéger notre patrimoine de façon irréversible. Que cette protection aurait été utile quand on a démoli  l’hôtel  Ruhl, vous avez eu l’occasion  de le dire  ! Que cette  protection aurait été utile  quand, malgré  la sauvegarde in extremis de la façade,  grâce  à Jack  Lang,  on  a démoli  le Palais  de la Méditerranée ! Que  cette  protection nous  aurait été  utile,  n’est-ce pas  Monsieur le Maire,  pour  gagner  du temps quand il a fallu sauver  le Palais  de l’Agriculture ! Tout en espérant qu’elle  n’empêchera pas notre Promenade des Anglais de respirer l’air du temps  et  de  laisser   les  générations  futures  la  marquer  de  leur   empreinte,  on comprend à quel point  cette inscription rassure.

Donc,  je  le  répète, nous   voterons avec  enthousiasme et  espoir   cette  délibération comme  toutes celles qui nous permettront d’atteindre notre but, celui de l’inscription. Mais, si vous le permettez, quelques remarques, en vrac …

D’abord, en rapport avec notre délibération de ce jour  sur la constitution de l’AVAP, nous  tenons à vous faire savoir que nous participerons à la procédure de concertation de  façon  constructive. Je  voudrais toutefois vous  faire  part  de  mon  étonnement à propos du périmètre retenu : en effet, il semble  que l’on n’y trouve  aucune exposition sur les villas de la Prom  qui ont marqué une étape  importante de son histoire. Certes, beaucoup d’entre elles,  en bord  de mer,  ont  été  détruites mais  quelques autres, un peu en retrait, construites au pied  des collines,  ont  résisté à l’usure du temps et à la spéculation immobilière. Et même  si elles se trouvent aujourd’hui au nord  de la voie ferrée, elles participent à l’histoire de la Promenade. Je ne vais pas développer mais je pense   notamment au  Palais  de  Marbre, déjà  classé  monument  historique, où  se trouvent aujourd’hui les archives  municipales. C’est pourquoi, nous  suggérons que le périmètre de l’AVAP intègre le bas des collines,  situé à l’arrière de la voie ferrée,  là où furent édifiées des villas d’agrément liées à la Promenade.

Ensuite, il me  semble  que  la place  de  la Promenade dans  l’histoire économique et sociale de Nice est un peu sous-estimée dans  les premiers travaux de la mission alors qu’elle  mériterait sans doute  une plus grande attention.

La perspective de la mondialisation est  retenue dans  les premiers documents. Pour autant, si  le  cosmopolitisme des  commanditaires est  bien  connu   (les  Anglais,  les Suisses,  les Russes,  tous  ceux qui se sont  intéressés à la Prom… ), on oublie  souvent celui de ceux qui, par  leur labeur, ont construit la Prom  : les Niçois bien sûr, les tout premiers que l’on a fait travailler, mais  aussi  beaucoup d’Arméniens, d’Italiens, puis d’immigrés d’ Afrique du Nord.

Cela dit, la Prom  est bien évidemment ancrée dans  son berceau géographique qui est la Méditerranée, cet ancrage si bien  symbolisé par  ce bâtiment, le CUM, dans  lequel nous  nous  réunissons et dont  la vocation première, telle qu’elle  avait  été définie  par Paul Valéry à sa création, était  d’être le lieu de l’humanisme intellectuel dans  tous les domaines : historique, littéraire, sociopolitique et scientifique, si bien  symbolisé également par  la peinture du longtemps mystérieux Bouchon  à laquelle  nous  faisons face, à l’Allégorie  de la Méditerranée. Il faudrait donc,  selon  nous,  mettre davantage l’accent sur cette appartenance à la Méditerranée.

Enfin, deux interrogations :

–      La première, forme  d’humour, est relative  à l’illustration de ce que  sera  la Prom en 2030 qui a été reprise dans  Nice Matin et qui a suscité  un émoi assez vif parmi de nombreux Niçois. On a en effet l’impression qu’au milieu  d’une palmeraie les galets  seront remplacés par  du sable. Avez-vous réellement l’intention d’ensabler les plages  ? Je ne peux le croire.  Gageons  qu’il ne s’agit  que d’une  simple  licence poétique car ce serait  là un objectif  qui me semble  plutôt contraire à la présente délibération et à la mission confiée à Monsieur Aillagon.

–      La deuxième concerne l’édition du catalogue sur les expositions de l’été. Celle-ci a été confiée à une maison d’édition parisienne. Je suppose qu’il y avait là des contraintes relatives aux marchés publics.  Pouvez-vous me le confirmer ? Parce sinon  il est vraiment regrettable qu’aucun des éditeurs niçois  qui font  tellement d’efforts pour  valoriser notre patrimoine, tout  en assurant au prix de parfois  bien des difficultés, leur pérennité économique n’ait été retenue.

 

0.2 – CONCERTATION EN VUE DE L’ÉLABORATION D’UN PLAN D’ACTIONS EN  FAVEUR DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT DE PROXIMITÉ  

Mme BOY-MOTTARD

Par  rapport à la délibération 0.2  sur  la concertation en vue de l’élaboration d’un plan  d’actions  en faveur  du  commerce et de l’artisanat de proximité, nous  estimons en effet que le commerce de proximité et l’artisanat doivent être  soutenus. Ils contribuent à créer  du  lien  social  dans  les différents quartiers de notre ville et peuvent souvent apporter un plus par rapport aux grandes enseignes en ce qui concerne les services rendus aux consommateurs.

Je  note  toutefois (c’est  quelque chose  qui  m’a chagrinée) que,  pour  justifier l’aide prévue,  vous faites valoir que le commerce de proximité doit être  soutenu du fait notamment, je cite : « de la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs liée aux choix  économiques  nationaux  ».  Je  me  permets de  vous  signaler que  selon  les statistiques de l’INSEE  le pouvoir  d’achat des Français était  à la hausse en 2014 (où il a  été  plus  haut   qu’en   2011),  que  cette  évolution se  poursuit en  2015  et  que  la consommation des ménages est  le principal facteur de la croissance de notre actuel PIB, même  si cette  croissance est faible.  Je ne dis pas  que  tout  est formidable, mais s’il avait fallu choisir  autre chose dans les résultats du gouvernement cela aurait peut- être été plus exact.

Par contre, vous omettez de parler du grand  nombre d’ouvertures de grandes surfaces dans notre ville qui, depuis des années, sont une des causes  les plus importantes de la fermeture des  petits   commerces, comme  on  peut  le  constater dans  de  nombreux quartiers. De même  que vous omettez de préciser que c’est du fait de la décision  de la CCI de ne plus  financer l’Office du commerce et de l’artisanat niçois  (OCAN) que  la ville se trouve  dans la situation de devoir prendre le relais  en essayant de trouver une solution ;  vous   avez  dit   d’ailleurs   vous-même  que   cela  ne  vous   arrangeait  pas spécialement. Cela montre finalement le peu d’intérêt que portent les responsables de la CCI au petit commerce et à l’artisanat, elle qui est pourtant chargée de défendre les intérêts des entreprises commerciales et pas seulement des grandes entreprises et des entreprises industrielles.

Malgré cette justification un peu partiale de la délibération, nous  la voterons. Mais si vous acceptiez  d’en supprimer le considérant que j’ai cité plus haut  qui est, il faut bien le dire, un tantinet politicien, nous le ferions  avec davantage d’enthousiasme.

1.1 – REQUALIFICATION ET VALORISATION DU SECTEUR DU RAY – LANCEMENT   D’UNE CONSULTATION – BAILLEURS – CONCEPTEURS EN CHARGE DE LA RÉALISATION D’UNE OPÉRATION IMMOBILIERE. 

Mme BOY-MOTTARD

Je  parlerai de la délibération 1.1 à propos de la valorisation du secteur du Ray, une délibération qui appelle  de notre part  beaucoup de commentaires.

Sur   la   forme,    j’avais   déjà   eu   l’occasion  de   souligner  en   séance    du   Conseil métropolitain  du  28  avril  2014,   parce   que   ce  dossier  divague   de  la  Ville  à  la Métropole, que les réunions d’information débat  qui avaient été organisées à l’époque ne correspondaient en aucun cas à une concertation officielle et réglementaire, même si elle n’avait pas été forcément inintéressante en soi. La synthèse « raton laveur » qui en  avait  été  faite  des  équipements publics,   des  espaces  verts,  des  logements, des transports individuels, etc. et…un raton laveur,  cette  synthèse qui n’en  est donc  pas une  ne  pouvait  qu’aboutir à justifier un  projet global  probablement prédéfini. Un projet global  qui ne correspond pas  aux attentes de la population exprimées depuis plusieurs années par  les comités de quartiers, dans  les conseils  de quartiers, par  les habitants de Nice nord,  notamment au cours  de la consultation sur le PLU en 2010 et même  pendant ces fameuses réunions dont  vous faites  état,  si on n’a pas une  écoute sélective du débat.

Aujourd’hui, à travers la délibération qui  nous  est  soumise on  comprend mieux  la philosophie du projet. Il s’agit  ni plus  ni moins  que de confier  la moitié  des terrains libérés  du Ray aux promoteurs immobiliers, c’est-à-dire un peu plus de la moitié  des cinq, six hectares, puisqu’on nous  dit qu’il y a 16 000 m2 de logements, 5 000 m2 de commerces et du stationnement privé. Du coup, l’espoir de voir le quartier du Ray en particulier et Nice nord  en  général  respirer enfin  grâce  à un  espace  vert  dédié  aux loisirs et aux sports se réduit comme  une peau de chagrin, c’est-à-dire au mieux à une mini, mais alors très  mini coulée verte qui sera rapidement saturée. Même avec l’accrobranche promis, est-il  d’ailleurs  toujours à  l’ordre  du  jour,  on  sera  loin  du compte. Si je résume, vous  nous  proposez d’acter aujourd’hui le fait  que  la moitié pratiquement des terrains libérés  sera  confiée  à des opérateurs privés,  si l’on préfère une formule plus politiquement correcte que promoteurs, et qu’une concertation sera organisée après  coup pour choisir  le moins  pire des projets.

Quant  à la partie publique de l’opération qui  devrait intégrer l’extension de l’école Ray Gorbella,  il n’en  est  pas  question dans  cette  délibération et donc  nous  n’avons aucune garantie. Même  dans   votre  logique   de  partage  public-privé des  terrains, n’aurait-il pas été plus normal que l’opération privée  soit conduite après  la définition actée  du  projet d’espace  public ?  Pourquoi tant   de  précipitation ?  Pourquoi cette inversion des  priorités ? Pourquoi les intérêts privés  avant  l’intérêt général  ? Je  ne veux pas croire  qu’il s’agit pour  vous de récupérer par cette vente des terrains du Ray à un  promoteur les  30 M€  de  recettes prévues pour  financer en  partie le coût  de l’Allianz.

Parce  que  dans  le rapport de la Chambre Régionale des  Comptes, dont  nous  avons abondamment parlé  ce matin, il est noté,  je cite : « La Ville prévoit une valorisation du stade du Ray de 30  M€ sur laquelle elle n’a fourni aucun élément justificatif ni dans sa réponse écrite ni lors de l’audition de son représentant qui permettrait à la Chambre de retenir cette recette », remarque à laquelle  vous répondez brièvement la chose suivante : « Concernant le stade du Ray, les recettes pour la Ville ne se limitent pas aux économies de fonctionnement. La valorisation du stade estimée à 30  M€ est aussi à intégrer ». Monsieur le Maire,  dites-nous que sont  ces 30  M€ en provenance du stade  du Ray avec lesquels  vous prétendez financer l’Allianz ? S’agit-il  de la somme que vous pensez  engranger suite  à la vente  des terrains dont  il est fait état  dans  cette délibération ? Avez-vous vraiment prévu  de combler en partie le gouffre  financier de l’Allianz avec la vente des terrains du Ray à hauteur de 30  M€ ?

Dans  la logique  des positions que j’assume sur  ce dossier depuis plus  de cinq ans,  je ne peux pas cautionner et donc  nous  ne voterons pas un appel  à promoteurs pour  la réalisation  d’un   ensemble  immobilier  alors   que   nous   n’avons  aucune  garantie, aucune, sur  ce  qu’il  adviendra de  la  partie qui  est  censée  rester publique et  son aménagement.  Pour   être   tout   à  fait   complète,  j’ajouterai  que   nous   regrettons l’absence de  concertation pour  l’élaboration du  projet global  et,  ensuite, que  nous nous  posons des  questions et donc  que  nous  vous  posons ces questions finalement sur le petit parc urbain qu’il restera, malgré  tout, à finaliser. Je vous remercie.

5.6 – RÉALISATION D’UN PROGRAMME DE LOGEMENTS SOCIAUX SIS RUE TRACHEL, PARKING DU SQUARE DU COLONEL JEANPIERRE – APPROBATION DU PRINCIPE DE DÉCLASSEMENT D’UN ESPACE PUBLIC COMMUNAL ET AUTORISATION DE DÉPOT D’UNE DEMANDE DE PERMIS DE CONSTRUIRE

Mme BOY-MOTTARD

Je  ne  serai  pas  très  longue  à propos de cette délibération, puisque nous  nous  félicitons  de cette  opération de requalification pour  ce secteur Trachel  qui  finalement a pu  se réaliser sans  porter atteinte aux droits  des habitants qui ont dû quand même  se battre, et nous l’avons fait pour  certains à leurs  côtés, pour  la sauvegarde à la fois du square Jeanpierre, et pour que l’immeuble du 42 bis rue Trachel  qui y fait face ne soit pas détruit, cela au terme d’une  bataille  qui  fut  homérique. Finalement, une  solution a pu  être  trouvée, il est juste  dommage, mais  on  ne  refait  pas  l’histoire, qu’il  n’y  ait  pas  eu  un  dialogue préalable qui aurait permis d’éviter des mois de bagarre entre  les habitants et la Ville qui voulait  imposer un projet qui, somme toute,   était  en fait un peu technocratique. Quand on  veut  apporter des  modifications à un  quartier, même  avec  la  meilleure volonté   du  monde et,  cette  bonne volonté,   vous  l’aviez  peut-être, on  ne  peut  se contenter de tracer des lignes sur une  carte  car derrière l’abstraction d’un plan  il y a la réalité  faite de ceux qui vivent  là qui, elle, est bien  concrète. On se félicite donc  et on aimerait que la prochaine fois, lorsqu’il  s’agira d’une opération de ce genre-là, on prenne la précaution de consulter la population d’abord.  Je vous remercie.