Interventions de Dominique BOY-MOTTARD au conseil municipal du 11 octobre 2018.

Sommaire :
Délibérations 1.1 et 1.2 – DOB et taux de fiscalité directe locale
Délibération 1.7 – Rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes sur le SDIS 06
Délibération 1.8 – Sécurisation événementielle (fonds d’aide aux associations)
Délibération 1.30 – Retrait de l’approbation de la convention d’occupation du DP pour le stationnement des cycles à 3 roues (vélos-taxis)
Délibération 6.1 – Subvention Ville de Tunis pour prévention radicalisation et AG Euromed
Délibération 11.1 – Attribution de subventions à divers organismes sportifs
Délibération 14.3 – Réhabilitation de la résidence universitaire Jean Médecin
Délibération 16.1 – Vente de biens communaux
Délibération 23.1 – Adoption du PEDT et du plan mercredi Ville de Nice
Délibérations 25.2 et 25.3 – PPR sismiques et MVT
Délibération 29.1 – Subventions à des associations recevant des seniors
Délibérations 35.4 et 35.6 – Musée d’archéologie et Palais Lascaris
Délibération 46.1 – Transfert provisoire du marché du Ray

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Délibérations 1.1 et 1.2 – DOB et taux de fiscalité directe locale

Nous ne cessons de le rappeler DOB après DOB : ce débat aurait tout à gagner à associer majorité et opposition. Ce n’est pas le cas. Preuve en est que la commission des finances s’est tenue hier, bien trop tardivement pour être vraiment utile. On espère toujours que vous finirez par rompre avec cette mauvaise habitude afin qu’on puisse commencer ce débat en amont du Conseil municipal.
Comme il se doit, ce rapport rappelle le contexte macro-économique et la politique nationale sur laquelle vous ne tarissez pas d’éloges. Nous commençons à nous y habituer. Vous relevez à bon droit le changement de méthode dans l’aide apportée par l’État aux collectivités locales dans le cadre d’une démarche contractuelle de partenariat que nous avons approuvée. Par contre, vous n’hésitez pas à vous en prendre au département en évoquant son désengagement financier dans les politiques menées par la ville, et de citer un certain nombre d’exemples. Ça aussi, il a fallu nous y habituer. Autres temps, autres mœurs…
Votre introduction du rapport sur les orientations générales du budget pour 2019 annonce les perspectives budgétaires reposant sur quatre orientations.
Dès la première de ces orientations, je n’ai pu m’empêcher de faire un bond ! Vous nous annoncez fièrement, comme vous le faites d’ailleurs, dans la délibération qui suit celle du DOB spécialement consacrée à cette question, que les impôts de Niçois vont baisser grâce à une réduction importante du taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties de 2,12 points en 2019 et de 2 points supplémentaires en 2020. Pour 2020, on verra bien : pour l’instant, le vote du budget porte sur l’année 2019. Et là, vous vous moquez ! Vous faites comme si rien ne s’était passé à la Métropole NCA que vous présidez : vous faites semblant d’oublier que vous avez créé cette même taxe foncière d’un taux de 6,4% ! Pourtant, le gentil maire et le méchant président de la Métropole est le même, comme sont les mêmes les contribuables niçois qui vont avoir à supporter en 2019 une augmentation très importante. Je suis estomaquée par l’audace dont vous faites preuve. Par contre vous n’oubliez pas de parler de la baisse à cette même Métropole du taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) de 2 points, comme si cela vous était imputable, comme si vous n’y aviez pas été obligé du fait de l’illégalité de son affectation. Alors c’est sûr : si vous ne retenez que les baisses tant à la Ville qu’à la Métropole et que vous oubliez les augmentations, on va bientôt avoir l’impression qu’il n’y a plus d’impôts à payer. Prenez-vous les contribuables pour des idiots ? Pensez-vous qu’ils ne s’apercevront pas de la supercherie quand il s’agira de payer ?
2e orientation : vous nous parlez de la poursuite des efforts dans la maîtrise des dépenses réelles de fonctionnement grâce à une gestion optimisée des moyens et du patrimoine. L’effort au niveau des dépenses réelles de fonctionnement, vous y êtes bien obligé si vous voulez pouvoir profiter de la stabilité des concours financiers de l’État du fait du contrat financier que j’évoquais précédemment, signature que – je le rappelle – nous avons approuvée justement parce qu’elle vous contraignait à faire des efforts en ce sens alors que ces dépenses avaient augmenté sur la période de référence de 2014-2016 pendant que l’évolution moyenne sur l’ensemble des communes durant cette même période était en baisse. D’ailleurs, vous pourriez mieux faire dans la maîtrise de ces dépenses, si vous évitiez le gaspillage induit par des décisions fantaisistes comme, par exemple, l’épisode du TPI et de la fausse arrivée et le vrai départ de Francis Huster. Quant à la gestion optimisée du patrimoine, je ne peux que répéter ce que nous avons déjà eu l’occasion de dire : cette gestion consiste à brader notre patrimoine. Il ne s’agit pas de contester toutes les ventes de biens immobiliers et nous ne le faisons pas. Mais vendre, comme cela est encore prévu aujourd’hui pour la villa Paradiso, après la villa Beluga, des bâtiments remarquables, nous ne saurions l’approuver d’autant qu’il s’agit d’un fusil à un coup, comme l’avait fait opportunément remarquer notre collègue Marc Concas. Quand il n’y aura plus rien à vendre, comment ferez-vous ?
3e orientation : le maintien d’un haut niveau de dépenses d’équipement qui serait de 85 millions d’euros. Puisque vous parlez de maintien, nous attendrons de voir ce qui aura été effectivement réalisé en 2018 (… modifié en séance).
Ce document manque cruellement de précisions, essentiellement de chiffrage (… modifié en séance).
4e orientation : l’amélioration du besoin de financement de plus de 55 millions sur la période 2019-2020. Là, première entorse – et vous le reconnaissez – à l’engagement pris dans le cadre du contrat financier signé s’agissant du désendettement : l’encours devait diminuer de 59 millions d’euros, mais vous invoquez la baisse de l’impôt foncier de 2 points (la 1re orientation) pour justifier une diminution de seulement 55 millions.
Pour terminer, contrairement à ce qui figurait dans le précédent DOB, on ne trouve pas grand-chose cette fois concernant le financement des dépenses que vous évoquez même si vous nous avez donné oralement ce matin quelques éléments toutefois non chiffrés. Mais ce n’est pas vraiment de nature à nous rassurer car comme vous ne pouvez plus avoir recours à l’emprunt au même niveau que lors de vos premières années de mandat et que vous comptez diminuer la fiscalité (de la Ville, pas de la Métropole, on l’a vu) pour limiter les dégâts auprès de vos électeurs, on ne peut que craindre le pire concernant la poursuite de votre politique de cession du patrimoine des Niçois.
Nous verrons ce qu’il en est lorsque nous serons donnés des éléments plus précis lors du prochain budget. Mais, nous ne sommes guère optimistes.

Délibération 1.7 – Rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes sur le SDIS 06

J’attendais une de vos diatribes habituelles contre la Chambre régionale des comptes. Et ô surprise, rien de tel. Peut-être parce que vous ne vous estimez pas en première ligne sur ce dossier ? Et que ça vous gêne finalement assez peu (je fais dans l’euphémisme) que ce soit le Président du département de la période contrôlée le premier visé ?
Cela dit, comme vous nous nous rappelez dans cette délibération, notre Ville est également membre du Conseil d’administration et elle fait partie des contributeurs du SDIS (elle a donc sa responsabilité aussi). D’ailleurs, vous vous contentez de reprendre les aspects financiers qui sont dans le rapport en laissant de côté le plus gros morceau, à savoir la gestion des ressources humaines au sein de cette institution.
Ainsi vous vous plaigniez de l’augmentation de la contribution plus faible du département entre 2011 et 2016 : elle est de 3,4% alors que celle de la ville de Nice a progressé de 6,1%, soit de 1,4 M€. Pourtant, sur les aspects financiers, la chambre précise que la situation du SDIS 06 est relativement saine. Par contre, ce qui lui est reproché, ce sont ses dépenses de personnel bien trop importantes puisque leur montant est près de deux fois plus élevé que la moyenne des SDIS de même catégorie. Étiez-vous d’accord avec ça ? Et de plus, entre 2011 et 2016, ces dépenses ont progressé de 8,7% alors qu’elles sont restées à peu près stables dans les autres SDIS. Étiez-vous d’accord avec ça ?
Moi j’ai tendance à penser que, compte tenu des graves critiques faites par la chambre sur la situation du personnel, il aurait été plus judicieux de faire comme le département et de ne pas augmenter notre contribution dans de telles proportions.
Il est toujours difficile et peu porteur pour un politique de pointer les abus pouvant exister dans le traitement fait aux personnels. Je me souviens d’un précédent rapport de la Chambre qui avait suscité votre ire et qui portait sur les abus et mêmes les illégalités concernant le personnel de notre collectivité : des passe-droits qui s’étaient figés au fil du temps. Eh bien là, on retrouve, à peu de choses près, les mêmes dysfonctionnements : l’existence de deux primes irrégulières qui n’existent nulle part ailleurs (aide au logement pour les pompiers non logés et complément de rémunération pour tous). Ces deux primes se montent sur la période considérée à 21,5 M€ ! Et tout ce que le SDIS avait trouvé à répondre, c’est qu’il allait maintenir ces primes irrégulières malgré les remarques de la Chambre.
En plus, il y a une spécificité du SDIS 06 par rapport aux autres SDIS qui m’a laissée pantoise : 90% de ses sapeurs-pompiers professionnels interviennent en plus comme sapeurs-pompiers volontaires (plus de 1000), et presque en totalité dans le même établissement, au SDIS 06 (11 seulement sont intervenus dans d’autres SDIS). On croit rêver ! Et cela alors que leur temps de travail n’a cessé de diminuer depuis le début des années 2000 (là vous étiez président du département Monsieur le maire) et que sur l’ensemble de la période, le temps de présence au travail a été l’un des plus faibles des SDIS de 1re catégorie. Avec cette réduction du temps de travail, il y a eu un important surcoût dans les années 2014-2016 : comme il fallait bien assurer les missions du SDIS, on a augmenté le nombre de vacations des sapeurs-pompiers volontaires dont une bonne partie sont, je le rappelle, les pompiers professionnels qui, avec leur réduction du temps de travail, ont pu multiplier les vacations. Sans compter que cette réduction du temps de travail décidée en 2014, bien qu’annulée par le tribunal administratif de Nice et la CAA de Marseille, a continué à être appliquée. Tout cela, alors que le rapport relève également que la performance opérationnelle, qui s’est dégradée, a besoin d’être améliorée. Je ne m’étendrai pas sur ce point tant il est difficile d’appréhender les indicateurs sur cette question.
Pour conclure, on est complètement dans un monde de non droit. Comment en est-on arrivé là ? Je crois qu’il faut appeler les choses par leur nom et pointer du doigt la politique clientéliste qui est trop souvent menée par les collectivités locales dans notre région.
Comme je le disais précédemment, ce n’est pas très populaire de faire ce genre de constat, sans doute encore plus quand il s’agit des pompiers qui jouissent, d’ailleurs souvent avec raison, d’une bonne image dans la population. Pourtant, il faut bien dire les choses parce qu’il s’agit d’argent public – donc des impôts de nos concitoyens – et que ce qu’on accorde aux uns, on en prive les autres.

Délibération 1.8 – Sécurisation événementielle (fonds d’aide aux associations)

J’étais assez perplexe sur la subvention de 1500 € à l’association Niss’Arts Talents pour l’organisation d’un Socc’Apéro avec DJ sur la place Saint-François. On nous disait en effet dans la délibération originaire qu’elle ne rentrait pas dans les critères fixant les modalités de versement du Fonds de solidarité mais on décide de la lui attribuer quand même une subvention avec, pour seule explication, que « la Ville souhaite lui octroyer une subvention spécifique ». Ayant demandé des explications en commission, un courrier m’a été adressé par le Directeur des services précisant qu’en fait cette demande rentre pour partie dans les critères du règlement intérieur du fonds des associations et concerne d’autre part une demande de subvention classique. Et j’ai vu ce matin que la délibération était modifiée. Dont acte.
Je suis allée voir la page facebook de cette « association » ainsi que son site (tout ça manifestement assez récent). On n’apprend rien à son propos. Il y a plus de pubs pour des produits commerciaux que des promotions pour les artistes. La seule manifestation jamais organisée semble être celle du 13 octobre pour le Socc’apéro.
Bref, le côté associatif m’échappait un peu d’autant que la participation à cette manifestation n’était pas gratuite (15 €) même si j’ai appris ce matin en lisant la presse que ce serait au profit des enfants de Lenval : tant mieux.
Dans la nouvelle délibération, on voit qu’en fait il s’agit de répondre aux plaintes relatives au manque d’animation de la place Saint-François depuis sa réfection (ce qui, personnellement, ne me gêne pas vraiment). Surtout après l’épisode grandguignolesque des poissonniers qui s’en vont et qui reviennent… Épisode auquel j’ai bien pris garde de ne pas me mêler tant il était évident que vous alliez récupérer les choses, ce que vous avez parfaitement réussi en vous faisant photographier avec lesdits poissonniers qui n’ont pas hésité à prendre la pose témoignant ainsi qu’ils n’étaient ni rancuniers à votre égard, ni reconnaissants envers leurs défenseurs.

Délibération 1.30 – Retrait de l’approbation de la convention d’occupation du DP pour le stationnement des cycles à 3 roues (vélos-taxis)

À ce propos, je me permets de vous rappeler ce que j’avais dit lors du vote de la délibération concernant l’autorisation d’occupation du domaine public accordée par convention à certaines entreprises de vélos-taxis lors du Conseil municipal du 26/10/2017.
J’avais voté favorablement mais je vous avais mis en garde. Il convenait de veiller à ce que la concurrence soit bien respectée. Et là – encore qu’il n’en soit pas fait état dans le texte de la délibération qui nous est aujourd’hui soumise – c’est bien pour une question de non-respect de la concurrence que le préfet vous a demandé de retirer cette délibération.
À l’occasion de mon intervention, je vous avais également reproché d’avoir, une fois de plus – car vous êtes coutumier de la chose – annoncé cette décision dans la presse avant qu’elle ne soit soumise au Conseil municipal : dans votre souci de pouvoir communiquer rapidement, vous aviez confondu vitesse et précipitation. Et c’est comme ça qu’on fait des bêtises… et qu’on perd du temps.

Délibération 6.1 – Subvention Ville de Tunis pour prévention radicalisation et AG Euromed

Toutes les initiatives visant à coordonner les politiques des villes méditerranéennes, des deux côtés de la Méditerranée, méritent d’être largement soutenues et celles de la Ville de Nice, avec le Réseau EUROMED, y contribuent largement.
Il est dommage – mais c’est l’époque qui veut ça – qu’on soit tenus de mettre en avant les questions de prévention de la radicalisation. C’est pourtant indispensable si on veut venir un jour à bout de ce fléau et pouvoir passer entièrement à autre chose.
Alors, bien sûr, nous sommes tout à fait favorables à l’apport d’une aide à la Ville de Tunis pour l’organisation de cet événement doublé de sa prise en charge de l’organisation de l’assemblée générale du Réseau, d’autant plus que Nice entretient un rapport particulier avec la Tunisie avec la présence importante dans notre ville d’habitants qui en sont originaires.

Délibération 11.1 – Attribution de subventions à divers organismes sportifs

Simplement une question très brève : pouvez-vous me dire en quoi les deux associations de supporters ici subventionnées, dont l’une n’a même pas encore fourni de numéro SIRET sont des organismes sportifs ?
Le troisième considérant de cette délibération fait valoir que ces subventions sont attribuées à des organismes qui contribuent au développement et à la promotion des activités sportives et participent à l’animation de la cité par l’organisation de compétitions sportives.
Les clubs de supporters ici subventionnés organisent-ils des compétitions sportives ?

Délibération 14.3 – Réhabilitation de la résidence universitaire Jean Médecin

On ne peut que se réjouir de cette réhabilitation annoncée depuis des années (le CROUS Nice-Toulon avait même fait un superbe film de promotion dès 2015). La résidence Jean Médecin est ancienne et en a bien besoin. Récemment, la presse s’est fait l’écho de la présence de punaises de lit dans l’établissement. Mais ce n’est pas une nouveauté : à chaque rentrée, depuis plusieurs années, on peut faire le même constat. Même si elle n’est pas la seule cité U à connaître ce genre de problème (j’ai vu que c’était également le cas dans une résidence universitaire de Strasbourg), c’est vraiment intolérable.
Je constate que la réhabilitation concerne 4 bâtiments sur les 6 de la résidence et que, fort heureusement, les deux bâtiments essentiellement concernés par ce problème de punaises (le A et le B) en font partie.

Délibération 16.1 – Vente de biens communaux

Je souhaite intervenir sur deux points.
1. Le premier concerne la Villa Paradiso : une fois de plus, vous dépouillez la ville de son patrimoine en voulant procéder à la vente d’un bâtiment qui a une valeur historique et artistique du fait de l’utilisation qui en a été faite par le passé. Nous ne pouvons nous résoudre à voir partir de tels biens. Après la Villa Beluga, ça commence à faire beaucoup.
2. Il y a un problème dans l’évaluation des biens occupés notamment par des fonds de commerce, ce qui est le cas ici pour un certain nombre de locaux. L’évaluation de France Domaine est très faible ce qui, pour celui qui occupe les murs, représente un énorme avantage. Une de nos collègues me faisait remarquer, au sortir d’une réunion en commission où j’avais soulevé le problème qu’il était impossible de faire autrement car ce serait en défaveur des autres acheteurs potentiels. Mais étant donné que la vente est proposée en priorité à l’occupant qui a donc l’équivalent d’un droit de préemption est-ce qu’on ne devrait pas tenir compte de la valeur du bien au prix du marché ?

Délibération 23.1 – Adoption du PEDT et du plan mercredi Ville de Nice

Je ne voudrais pas ranimer, sinon la guerre scolaire, du moins celle de ses emplois du temps, mais quand je vois ce Projet Éducatif De Territoire, plutôt bien ficelé, que nos services ont été capables de produire, je ne puis que regretter que, plus préoccupé de politique politicienne que du bien-être des enfants, vous ayez traîné la patte pour faire le précédent. En gros, vous avez tout fait pour que la mise en œuvre de la réforme soit un échec en n’organisant les activités scolaires et périscolaires que mal et tardivement.
Oh, je sais bien que vous n’étiez pas tout seul dans ce cas dans notre pays et surtout dans notre département, toujours en pointe avant 2017 quand il s’agissait de bloquer les politiques nationales. Mais autres temps, autres mœurs, le nouveau Président, qui ne cesse pourtant de se plaindre des Français qui seraient viscéralement hostiles au changement, est revenu en arrière. Ça tombe bien, vous pouvez jouer au bon élève.
Je persiste à penser qu’on a rarement raison tous seuls, même quand on est Français, même quand on est Niçois. Nous sommes le seul pays d’Europe à avoir une semaine scolaire de quatre jours ! Le seul ! Tous les autres ont choisi cinq ou six jours. On est également le pays d’Europe (et même du monde si on se réfèrent à ceux qui ont des statistiques fiables), où il y a le moins de jours de cours dans l’année, et de loin : 144 jours contre 200 au Danemark, en Italie et à peu près autant en Allemagne.
Donc retour à la semaine de quatre jours dont on sait pourtant qu’elle est unanimement décriée par les spécialistes de l’Enfance quand il s’agit de se préoccuper de l’intérêt des élèves. Bien sûr, certains parents d’élèves et aussi certains enseignants, avaient témoigné de leur hostilité vis-à-vis de la réforme. Je ne suis pas sûre que, pour certains d’entre eux, leurs motivations n’aient pas été autres que pédagogiques.

Délibération 25.2 et 25.3 – PPR sismiques et MVT

Je m’interroge sur l’influence de notre vote du jour sur ces deux PPR dans la mesure où le Conseil municipal est tenu de donner son avis dans un délai de deux mois sur les propositions préfectorales, comme vous le rappelez et dans la délibération et dans vos courriers au préfet. À défaut d’avis du Conseil municipal dans un délai de deux mois, cet avis est réputé favorable. Or ces délais sont dépassés pour les deux PPR puisque, s’agissant du PPR MVT, l’avis devait être donné avant le 22 juillet et, pour le Plan de prévention des risques sismiques avant le 8 octobre. J’ai bien noté que vous aviez émis personnellement certaines réserves transmises au préfet dans ces délais, et c’est également l’argument qui a été évoqué en commission lorsque cette remarque sur le dépassement des délais a été faite.
Mais je ne suis pas convaincue car les textes sont clairs :
– Selon l’article L562-3 du Code de l’Environnement relatif à l’enquête publique, il est précisé que « au cours de cette enquête, sont entendus, après avis de leur conseil municipal, les maires des communes sur le territoire desquelles le plan doit s’appliquer ». Après l’avis du Conseil municipal, pas avant…
– D’autre part, selon l’article R562-7, « Tout avis demandé en application des trois alinéas ci-dessus qui n’est pas rendu dans un délai de deux mois à compter de la réception de la demande est réputé favorable ».
– Enfin, aux termes de l’article R562-8, « Les maires des communes sur le territoire desquelles le plan doit s’appliquer sont entendus par le commissaire-enquêteur ou par la commission d’enquête une fois consigné ou annexé aux registres d’enquête l’avis des conseils municipaux. ».
Moralité : la ville de Nice est censée avoir donné un avis favorable sans réserves. Dès lors, je me demande si les réserves qui nous sont aujourd’hui présentées dans la délibération peuvent avoir un effet quelconque puisque notre avis est d’ores et déjà réputé favorable. C’est pourquoi nous nous abstiendrons sur le vote.
En supposant qu’on passe outre ces dispositions légales, quelques remarques sur le fond de ces deux dossiers.
Sur la délibération 25.2 – PPR sismiques août 2018
Cette délibération qui nous propose de donner un avis favorable comporte des réserves qui nous semblent parfaitement justifiées s’agissant notamment de l’élargissement de l’application du règlement aux murs et ouvrages de soutènement. Nous la voterons donc.
Sur la délibération 25.3 – PPR MVT mars 2018
Par contre, nous sommes davantage circonspects sur le PPR MVT.
Suite à l’absence de quorum ayant entraîné l’interruption de la séance du Conseil métropolitain du 28 juin dernier, nous n’avions pu débattre de cette question qui avait ensuite été mise à l’ordre du jour d’un Bureau. Avec son passage au Conseil municipal, nous avons ainsi la possibilité de la faire.
Petit retour sur le passé (récent). Monsieur le Président, avec votre majorité, vous aviez refusé en 2016, tant en Conseil municipal de Nice (30/05/2016) qu’à la Métropole (12/07/2016), de donner un avis favorable au précédent PPR en contestant pour l’essentiel le classement en zone rouge d’un certain nombre d’hectares de zones urbaines parce qu’aucun désordre de mouvements de terrain n’avaient pu y être constaté depuis 2000. J’avais trouvé surprenant de tirer une telle conclusion à partir d’un laps de temps aussi court.
Arguant aujourd’hui d’une modification du PPR prenant en compte vos remarques passées, vous nous proposez de donner un avis favorable en l’assortissant toutefois d’importantes réserves, des réserves qui sont en fait très semblables à celles qui vous avaient conduit à donner en 2016 un avis défavorable. Dès lors, j’en viens à me demander si votre attitude d’alors n’était pas essentiellement motivée par l’animosité qui existait entre vous et le préfet de l’époque.
J’ai essayé de comparer les deux PPR, mais je n’y suis pas vraiment parvenue. Celui qui est soumis à notre avis aujourd’hui, s’il contient de nombreuses cartes en pièces jointes (franchement illisibles pour moi qui ne suis pas une spécialiste), ne formalise pas vraiment le sort réservé aux différents secteurs de la ville. Il se contente de rappeler la règlementation des zones rouges et bleues et leurs sous-zones et de prévoir, en aval du PPR (pas en amont), le cahier des charges pour des études des différents aléas (éboulements, glissements de terrain, effondrements, ravinements, poudingues).
C’est-à-dire qu’il est beaucoup moins informatif que le précédent qui identifiait clairement les zones et les différents degrés d’aléa. On avait alors une explication synthétique des cartes complètement absente dans l’actuel PPR.
Alors Monsieur le Président, je vous le demande, qu’y a-t-il de nouveau dans ce PPR qui justifie votre revirement ? Au-delà de l’affirmation, assez lapidaire, puisque pas vraiment explicitée, qu’il tiendrait compte des remarques formulées pas la Ville de Nice et la Métropole, pouvez-vous nous donner des précisions ? Les limites du classement en zone rouge ont-elles été profondément modifiées ?
En clair, est-ce que le nouveau plan exclut de la zone rouge les hectares où des mouvements de terrain n’ont pu être constatés depuis 2000 ? Si c’est le cas, votre revirement est compréhensible. Si non, on serait obligé de ne voir dans votre refus de donner un avis favorable en 2016 qu’une attitude purement politicienne ayant eu pour conséquence de faire perdre deux ans à une politique qui tend à la protection de nos concitoyens.
Pour ma part, ayant été favorable au PPR de 2016 pour sa prise en compte sérieuse des risques de mouvements de terrain, s’il s’avérait que la zone rouge n’a pas été substantiellement modifiée, je maintiendrai mon avis favorable. À défaut, si cette zone se trouvait largement restreinte par rapport à la précédente, j’émettrai un avis défavorable, comme je l’ai fait en bureau métropolitain.
Pour terminer une mise en garde : lorsqu’une commune réduit la zone rouge délimitée par le plan proposé, en cas de réalisation du risque par la suite – ce que personne ne souhaite bien sûr – c’est elle qui serait responsable. Donc il convient d’être doublement très prudent.

Délibération 29.1 – Subventions à des associations recevant des seniors

Parmi les associations recevant une subvention de la Ville au titre de leurs actions en direction des seniors, nous trouvons l’association Berimbau. L’objet de cette association m’a interpellée : « promotion de la Capoeira » ! Non que je ne goûte à cet art martial d’origine afro-brésilienne qui me semble toutefois un tantinet décalé pour des seniors… J’ai recherché sur le Net si, d’aventure, cette association avait d’autres activités susceptibles de s’adresser à ce public. Que nenni ! Sur sa page facebook (très peu fréquentée d’ailleurs), on ne trouve que de la capoeira et le lien vers le site qui est référencé sur cette page ne fonctionne pas. Donc impossible d’en savoir plus.
Comme on lui donne tout de même 4000 €, j’aimerais bien avoir vos explications.

Délibérations 35.4 et 35.6 – Musée d’archéologie et Palais Lascaris

S’agissant de la délibération 35.4, nous l’approuvons pour deux raisons :
– d’une part, elle valorise un de nos musées les plus créatifs,
– d’autre part, elle encourage la médiation culturelle qui doit être au centre de nos politiques de la Culture, que ce soit au niveau local comme au niveau national.
À propos de la délibération 35.6, le Palais Lascaris a en effet un rôle tout à fait singulier parmi nos musées, notamment dans le domaine de la musique. Ce partenariat avec un organisme aussi prestigieux que l’Académie monégasque de musique et de théâtre ne peut que lui permettre d’élargir son public tout en offrant des manifestations musicales de qualité.

Délibération 46.1 – Transfert provisoire du marché du Ray

Déplacer le marché des forains sur le parking compris entre la station BP et le Forum Nice Nord est assez effarant.
Depuis des années, cet espace pose un énorme problème aux riverains. Constamment saturé par leur propre stationnement, ce qui est légitime, mais aussi et surtout par les stationnements abusifs dans tous les sens, à l’entrée du parking, sur les voies de circulation, stationnements abusifs des parents accompagnant leurs enfants aux activités du Forum.
Cette situation anarchique, à laquelle s’ajoutent les files d’accès à la station-service et au camion-pizza, est visible tous les jours, provoque des embouteillages monstrueux et, parfois, l’intervention des policiers qui distribuent allègrement des PV, mais qui sont impuissants – et ce n’est pas de leur faute – devant tout ce désordre.
Imaginez ce qui se passerait en cas d’urgence, en cas d’intervention des pompiers : tout accès est impossible dans ces conditions, et ce sera encore pire avec le marché.
Il y a depuis longtemps des réactions indignées des habitants du quartier mais les services municipaux ne semblent pas décidés à trouver une solution. Avec l’initiative de ce jour, on aggrave un problème au lieu de le résoudre.
Face à l’absurdité de cette décision, je vous demande de bien vouloir réfléchir à une autre possibilité. Pourquoi pas essentiellement sur la place Fontaine du Temple ? Il n’y a presque plus de revendeurs de fruits et légumes et, par le passé, même s’il était moins important qu’aujourd’hui, le marché forain y avait déjà élu domicile. Mieux même : ce serait un atout pour les quelques revendeurs de primeurs qui existent encore, en leur apportant peut-être une clientèle supplémentaire.