Interventions en séance du Conseil Municipal du 13/10/2016

Sommaire :

ATTENTAT DU 14 JUILLET

5.4 – DÉCLASSEMENT DU PARKING DU RAY

5.15 – DÉCLASSEMENT D’UNE EMPRISE DE LA RUE DU PERTUS (COUVENT DE LA VISITATION)

17.2 – DÉMÉNAGEMENT DU THÉÂTRE DE LA PHOTOGRAPHIE ET DE L’IMAGE 

24.1 – RESTAURATION DE LA VILLA LA LUNA SISE 195 AVENUE DE LA CALIFORNIE/265 PROMENADE DES ANGLAIS – DEMANDES DE                           SUBVENTIONS AUX PARTENAIRES INSTITUTIONNELS 

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(attentat du 14 juillet) 

Intervention de Dominique Boy-Mottard (PRG) pour le groupe « Radical et Divers gauche »

« Monsieur le Maire, mes chers collègues,13Comme vous, nous restons anéantis par la violence de l’image de ces corps sans vie gisant sur la Promenade des Anglais, notre Promenade des Anglais.

Et je ne veux pas commencer cette intervention sans avoir une pensée reconnaissante pour tous ceux qui, pendant et après ce moment tragique, n’ont pas hésité à intervenir, d’une façon ou d’une autre, pour apporter leur aide à des victimes souvent en détresse.

Mais pour tout vous dire, comme beaucoup de Niçois, comme beaucoup de Français, mais aussi comme beaucoup de victimes, nous avons été meurtris par les polémiques qui ont été artificiellement nourries après l’attentat. Des polémiques vaines, bien vaines, et aujourd’hui, tout le monde, presque tout le monde, s’accorde à dire qu’elles étaient vaines.

Et comme la plupart de ceux qui étaient présents, victimes ou non de l’attentat, nous avons vécu les sifflets et vociférations indignes du 18 juillet comme un crachat à la face de l’humanité de notre ville.

Aussi, ce matin, au sein de ce conseil réuni si tardivement, alors qu’on avait tellement besoin de se rassembler, de se sentir unis, j’ai envie de dignité, de hauteur ou peut-être simplement de décence.

En tant qu’élus de la ville, en tant qu’élus de la République, nous devons faire notre travail en délibérant pour alléger le lourd fardeau du deuil et de ses dommages collatéraux. Rien de plus, pour l’instant, mais rien de moins. Car, sans effacer le traumatisme, la vie continue.

Pour notre part, nous le ferons sans esprit partisan, sans chicaner ou discutailler à propos de telle ou telle proposition. En simplifiant, je dirai – même si l’on peut toujours faire autrement – que l’ensemble est cohérent, qu’il apporte un certain nombre de solutions à des problèmes concrets, et qu’il esquisse correctement ce qui, au fil des années, deviendra le devoir de mémoire.

Des solutions concrètes qui touchent en premier lieu les victimes et leurs familles. Leur suivi bien sûr, mais aussi les différentes aides financières avec les recettes reversées au fonds de soutien mis en place par le CCAS. Des recettes de diverses origines qui témoignent de la mobilisation d’un grand nombre de nos concitoyens : un concert en hommage aux victimes, la vente aux enchères d’œuvres et objets de collection et surtout cette magnifique solidarité des agents de la Ville qui ont souhaité que les heures supplémentaires et les vacations qu’ils ont pu effectuer lors de l’attentat ne soient pas récupérées et reversées au fonds des familles.

Des solutions concrètes qui devaient aussi être apportées aux acteurs économiques de notre cité touchés par l’attentat avec un soutien financier d’urgence, un report de versement de la taxe de séjour pour certains établissements ou une exonération des redevances d’occupation du domaine public.

Et bien sûr, des solutions concrètes en matière de sécurité à la fois pour tenter de prévenir, autant que faire se peut parce qu’on sait que le risque zéro n’existe pas, que des drames ne se reproduisent, avec un certain nombre de mesures visant à protéger les endroits les plus sensibles (crèches, écoles, bâtiments publics, lieux de rassemblement…), à renforcer la formation des différents agents. Nous pourrons, dans l’avenir, reparler de ces mesures, de leur efficacité ou leur opportunité. Il nous a semblé que ce n’était pas le moment pour le faire : l’heure n’est pas à la tergiversation.

Je pourrais encore citer les pistes qui sont dessinées pour une meilleure sensibilisation à la citoyenneté, des pistes qu’il conviendra je crois d’approfondir. La carte de France de la radicalisation qui vient d’être publiée montre à quel point des efforts doivent être poursuivis en la matière dans notre région.

Le devoir de mémoire participe aussi de cette sensibilisation à la citoyenneté. Et certaines des délibérations de ce jour vont en ce sens. Ainsi, par exemple, la visite du Mémorial du camp des Milles par les élèves de CM2 ; ainsi la préparation d’une journée de commémoration, indispensable, par le Comité pour la mémoire ; ainsi la commémoration des noms des enfants victimes en proposant aux familles qu’ils soient gravés sur des plaques dans l’école à laquelle ils appartenaient ; ainsi, l’attribution du nom du Directeur départemental Adjoint de la Police aux frontières décédé à une rue de notre ville…

Je ne m’étendrai pas plus longuement sur ces différentes mesures. En épargnant à nos concitoyens, aux victimes et à leurs familles le spectacle de la division, de la polémique, de la récupération, de la démagogie, nous voterons l’ensemble de ces délibérations en espérant qu’elles feront l’objet d’une communication raisonnable car elles ne sont que la réponse normale et nécessaire à une situation aussi dramatique qu’exceptionnelle. »

5.4 – Déclassement du parking du Ray.

Intervention de Dominique Boy-Mottard (PRG) pour le groupe « Radical et Divers gauche »

Il s’agit ici de voter le déclassement d’une partie des parcelles communales nécessaires au projet immobilier. Vous ne serez pas surpris de notre opposition à ce déclassement puisque nous étions opposés à cette bétonisation des terrains du Ray dont les riverains du boulevard Gorbella font encore les frais. D’ailleurs il faudrait qu’on finisse par savoir quel est le nombre exact de logements qui vont être effectivement construits parce que nous avons des informations contradictoires en la matière, ce qui est normal puisque vous avez souvent varié : partis de 80 logements (mais ça c’était en période électorale), on était arrivé à 250 puis 280 et on entend parler maintenant de plus de 300 logements. Que croire ? Qui croire ? Si vous pouvez nous fournir une réponse claire, nous sommes preneurs.

5.15 – Déclassement d’une emprise de la rue du Pertus (couvent de la Visitation).

Intervention de Dominique Boy-Mottard (PRG) pour le groupe « Radical et Divers gauche »

Nous allons voter contre le déclassement de cette emprise de 43 m2 à extraire du domaine public parce qu’il s’inscrit dans le cadre d’une opération qui nous pose aujourd’hui un gros problème au vu des informations que nous avons recueillies. Je veux parler de la promesse de bail à construction au groupe Perseus. Suite aux réponses, quelque peu évasives, que vous nous aviez données lors du Conseil municipal du 5 février 2016, nous avons souhaité en savoir davantage.

Je vous rappelle que Madame Giletta avait reconnu que seul le projet du groupe Perseus avait été présenté au groupe de travail (GTS : groupe technique spécialisé) et comme Monsieur Estrosi faisait valoir que plusieurs projets vous étaient parvenus, Madame Giletta avait répondu pour justifier leur absence de présentation : « Je n’ai pas voulu leur faire perdre du temps ». Certes… À la suite de quoi – j’ai ici le PV – Monsieur Estrosi a affirmé que les autres porteurs de projets avaient reculé d’eux-mêmes quand ils avaient vu l’ampleur de l’investissement. Et il cite l’exemple du groupe Cardinal, dont il avait la proposition sous les yeux, selon ses dires, qui se serait retiré, après qu’on l’avait rencontré, car il n’était pas en mesure d’assumer cela sur cet espace (voir la vidéo du conseil du 5 février).

J’ai donc envoyé un courrier au groupe Cardinal afin de savoir pour quelles raisons ils s’étaient retirés du projet. J’ai là leur réponse.

Manifestement, il semble y avoir eu, pour le moins un malentendu puisque le groupe affirme n’avoir jamais eu l’intention de se retirer. Peut-être leur projet ne vous convenait-il pas ? Mais en aucun cas on ne peut prétendre que l’ampleur de l’investissement était susceptible de leur faire peur. Il faut savoir que le groupe hôtelier partenaire Mama Shelter est plus que solide financièrement (35% du capital est entre les mains du groupe Accor…). En tout état de cause, il est assez peu admissible que son offre n’ait pas été présentée au groupe de travail qui n’avait d’autre choix, du coup, que Perseus. Un groupe qui, contrairement aux affirmations de Madame Giletta lors du même précédent conseil, n’est pas excessivement développé (il n’y a pas plusieurs 4* à Paris par exemple), présente assez peu de garanties et n’a aucune expérience dans une hôtellerie de rénovation dans un quartier historique. Aucune.

Je ne veux en aucun cas plaider la cause de tel ou tel groupe – je ne connais ni les uns ni les autres – mais le moins qu’on aurait pu attendre de votre part est de nous fournir les éléments susceptibles d’en juger. Vous ne l’avez pas fait. Du coup, on se pose des questions.

17.2. Déménagement du Théâtre de la Photographie et de l’Image.

Intervention de Dominique Boy-Mottard (PRG) pour le groupe « Radical et Divers gauche »

N’en déplaise à Monsieur Baudoux qui parlait en commission de « combat d’arrière-garde », je souhaite à nouveau m’exprimer sur ce dossier pour vous dire tout le mal que j’en pense.

Décider du déménagement du TPI pour ouvrir à la place une école de théâtre (même si maintenant vous préférez parler de l’installation d’une compagnie prestigieuse) n’a pas plus de sens aujourd’hui qu’hier. Il existe de très nombreuses associations qui donnent actuellement des cours et si on souhaite créer une nouvelle formation, aussi prestigieuses que soient les personnes sollicitées pour la faire fonctionner, il est tout à fait possible de la positionner ailleurs.

Le milieu niçois de la culture a vivement réagi contre ce projet, mais en vain. Vous avez décidé, et il doit en être ainsi. Et pour arriver à vos fins, tous les moyens sont bons.

Ainsi, vous déplacez plusieurs institutions comme on manipulerait un rubik’s cube, et il est loin d’être certain que cela aboutira à un ensemble cohérent comme vous voulez le faire croire.

Si j’ai bien tout compris, le TPI déménage à l’Espace Ferrero dont la collection se déplace dans les locaux du Forum de l’Urbanisme du côté du MAMAC, Forum de l’Urbanisme qui lui-même va essayer de trouver ses marques aux Abattoirs.

Sans compter que le Forum de l’Urbanisme en question, décidément bien itinérant, qui va laisser sa place à la collection Ferrero, avait déjà été déplacé de la place Pierre Gautier au MAMAC en 2014. Tout cela est bien compliqué. Et que va donc faire le Forum de l’Urbanisme dans un lieu de culture et d’expression comme le 109 ? Cela dit, il faut bien admettre que malgré de nombreux efforts de communication de Madame Duez chargée pendant des années d’imaginer un avenir radieux à cet emplacement, la culture a eu bien du mal à y émerger. N’aurait-il pas été plus cohérent d’installer là-bas la prestigieuse école de théâtre qui s’apprête à usurper l’ancien site de l’Artistique ? Tout porte à croire qu’il s’agit là d’une nouvelle lubie : il y a eu la lubie Duez (pour quel résultat ?), il y a maintenant la lubie Huster…

On pourrait trouver cela drôle, si ça n’avait pas un coût pour le contribuable ! Tous ces déplacements ne sont pas neutres. À chaque fois, il faut aménager les lieux pour les rendre conformes à leur nouvelle destination. Des travaux d’aménagement devront être faits à l’actuel Espace Ferrero pour occulter la lumière (c’est regrettable, car c’était un atout des lieux) et accueillir le Musée de la Photographie (quel dommage que ce changement de nom pour une institution qui a une si belle réputation sous son nom d’origine comme en témoigne le nombre important des visiteurs qu’elle accueille chaque année).

Cerise sur le gâteau, cette semaine, la presse s’est fait l’écho d’un rebondissement inattendu, ce qui peut arriver quand on agit dans la précipitation et sans concertation : le règlement de copropriété du 27 boulevard Dubouchage interdit tout établissement d’enseignement dans ses murs. C’est sans doute la raison pour laquelle vous évitez maintenant – alors que vous l’avez fait par le passé – de parler d’école de théâtre et plutôt de l’installation d’une prestigieuse compagnie théâtrale.

Bien sûr, vous l’aurez compris, nous voterons contre cette délibération.

24.1 – Restauration de la villa La Luna sise 195 avenue de la Californie/265 promenade des Anglais – Demandes de subventions aux partenaires institutionnels.

Intervention de Dominique Boy-Mottard (PRG) pour le groupe « Radical et Divers gauche »

La villa La Luna était dans un état de décrépitude inacceptable et il est tout à votre honneur d’avoir utilisé, face à une propriétaire particulièrement négligente (euphémisme), la voie de l’expropriation pour un objectif ambitieux : restaurer une villa d’exception sur le plan patrimonial, en lien notamment avec la demande d’inscription de la promenade des Anglais au patrimoine de l’UNESCO, tout en la transformant en un lieu d’accueil de public, avec toutes les normes que cela implique.

Cette villa présente en effet un intérêt particulier puisqu’il s’agit d’une des dernières villas éclectiques (Belle Epoque) de la Promenade des Anglais (dont les plans de 1911 ont d’ailleurs été exposés au Musée Masséna par la Mission Promenade lors de l’exposition sur les Promenades). Les éléments remarquables qui en font un Bâtiment Protégé dans le PLU de la Ville sont les façades principales, les décors et la ferronnerie. Les sols présentent également un intérêt particulier. Nous aurions souhaité savoir quelle sera la destination du jardin qui doit être aussi rénové et qui, je crois, présente des caractéristiques particulières.

D’autre part, le projet d’aménagement en maîtrise interne est-il bien à même de répondre au cahier des charges d’une « restauration » prévue dans la délibération ? Le suivi par un architecte du patrimoine semble un pré-requis indispensable pour une villa de cette qualité. Et est-ce qu’on peut savoir quel a été l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France sur ce projet ?

Enfin, la Luna semble déjà en plein ravalement de ses façades : qu’en est-il exactement ? Un permis a-t-il été déposé ?