Interventions en séance du Conseil Municipal du 19/12/2016

Sommaire :

  2.1 – RAPPORT ANNUEL 2016 SUR LA SITUATION EN MATIERE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA VILLE DE NICE

18.1 – RAPPORT 2015 DE LA VILLE DE NICE SUR LA SITUATION EN MATIERE D’EGALITE ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES

 

Délibération 2.1 – Rapport annuel 2016 sur la situation en matière de développement durable de la Ville de Nice
Intervention de Dominique Boy-Mottard (PRG) pour le Groupe Radical et Divers Gauche

Vis-à-vis de ce rapport qui répond à une obligation légale, je serai moins sévère que je ne l’avais été l’année dernière même si on y retrouve certains défauts que j’avais précédemment relevés comme le côté un peu fourre-tout et la disproportion entre la longueur de l’ensemble et les dispositions qui relèvent à proprement parler de l’écologie. Certes, la notion de développement durable est large et beaucoup de choses peuvent y être rattachées, mais quand même…

Il me semble toutefois qu’on trouve davantage d’actions qui ont réellement été menées alors que l’année dernière étaient plus évoquées des études que des réalisations. Pas mal de choses intéressantes dans ce rapport : je ne reviens pas dessus, le document a été longuement présenté.

Je vais donc me consacrer plutôt à quelques menues critiques intéressant essentiellement la forme.

Tout d’abord, vous êtes tellement satisfaits des prix obtenus par la Ville – à juste titre – que vous reprenez cette année des récompenses déjà signalées l’année dernière et qui ne concernent donc pas la période retenue par l’actuel document qui va de juillet 2015 à juin 2016 : ainsi Le trophée Energie-France Afrique du Nord obtenu par la Métropole et ERDF en 2015 pour le projet Nice Grid ; le Label 4 fleurs et sa mention spéciale ; le certificat « Ville amie des aînées » ; le Pavillon orange 4 étoiles pour 2014 et 2015 ; le prix spécial du jury aux « Trophées de l’équipe RH Digitale » ; le Label French Tech… Tout ça c’était avant juillet 2015… ou alors ça n’aurait pas dû figurer dans le précédent rapport. Par ailleurs, comme l’an dernier, on se demande ce que certains prix viennent faire là : je pense notamment à la 2e place du top 10 des destinations en France choisies par les voyageurs sur le site Tripadvisor. Les autres prix, reçus durant la période d’étude, au demeurant assez nombreux, auraient pu vous dispenser de ces petits défauts.

D’autre part, pour voir l’évolution des actions menées, il est important de pouvoir faire des comparaisons entre les chiffres d’une année sur l’autre. Malheureusement, ce n’est pas souvent possible car ils ne sont pas exprimés de la même manière. Ainsi, à titre d’exemple, en matière de mobilité durable, on indiquait l’année dernière que 42% des voyages sur le réseau Lignes d’Azur étaient effectués en tram ; alors que cette année on nous parle de 86 500 validations dans le tram. Ou encore pour les vélos bleus, on indiquait le nombre des vélos et celui des stations (1750 vélos sur 175 stations), aujourd’hui on ne précise que le nombre d’abonnés (17 264). On pourrait multiplier les exemples dans la plupart des domaines. Il faut dire que lorsqu’on peut faire la comparaison, elle n’est pas toujours à mettre à l’actif de cette année. Ainsi, par exemple, dans la rubrique « Epanouissement de tous les êtres humains », on peut constater que le nombre des bénéficiaires des actions réalisées en direction des jeunes dans les zones sensibles a considérablement diminué puisqu’on passe de 15195 bénéficiaires à 10661…

Serait-il possible pour l’année prochaine d’utiliser les mêmes critères quand on présente des actions qui se poursuivent sur la durée afin de pouvoir se rendre compte réellement des évolutions ?

Une autre demande : ne pourrait-on avoir des comparaisons, qui seraient bien utiles, avec ce qui se fait dans les autres villes européennes ?

Enfin, pour conclure, permettez-moi de me féliciter de la reprise des missions du Conseil départemental en matière de lutte contre les nuisances : j’ai beaucoup moins été piquée par les moustiques tigres cette année !

 

 

Délibération 18.1 – Rapport 2015 de la ville de Nice sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes
Intervention de Dominique Boy-Mottard (PRG) pour le Groupe Radical et Divers Gauche

Je tiens à remercier les auteurs de ce rapport qui permet d’avoir une vision assez claire de la situation et des actions de notre collectivité en matière d’égalité entre les femmes et les hommes.

  1. L’examen de la première partie, consacrée à l’égalité dans la politique des ressources humaines de la collectivité, met en évidence la persistance d’une division sexuée du travail à tous les niveaux :
    – une plus grande précarité des femmes ;
    – une forte spécialisation de celles-ci dans le domaine du social, du médico-social et de la famille ; et a contrario une quasi absence sur d’autres secteurs ;
    – un accès moindre aux postes de direction ;
    – des différences de salaires ;
    – moins d’emplois de titulaires ;
    – plus d’emplois à temps partiel et surtout d’emplois à temps incomplet, c’est-à-dire non choisis.

Je ne rentre pas dans le détail des chiffres, mais ils sont extrêmement parlants, quand on les met en rapport avec la place prépondérante en termes d’effectifs des femmes puisqu’elles représentent 67,8% des agents de notre collectivité, notamment ceux relatifs aux différences de salaires, à la représentation dans les postes de direction, et dans l’emploi à temps incomplet.

Comme le rapport le rappelle, ce n’est pas une situation inédite : on la retrouve au sein de l’ensemble des fonctions publiques et aussi dans le secteur privé. Mais ceci ne doit pas nous empêcher d’essayer de faire mieux à chaque fois que cela se révèle possible. Ainsi, j’ai pu relever un point faible : celui qui concerne l’avancement en grade du personnel. Il y a des progrès depuis 2013, puisque, cette année-là les avancements en grade des femmes représentaient 40% du total des avancements alors qu’ils atteignent 63% de l’ensemble des avancements en 2015. Mais le compte n’y est pas encore tout à fait. Un rattrapage voudrait que la proportion des femmes aille au-delà de leur représentation au sein de notre collectivité.

Par ailleurs, j’aurais une question à vous poser. Parmi les actions entreprises, vous citez la prise en considération pour chaque marché public envisagé de l’égalité, des implications de genre et des opportunités que présente le marché. Est-ce que cette donnée fait partie des critères pris en compte quand on attribue une délégation de service public ? Et si non, ne faudrait-il pas l’envisager systématiquement ?

  1. La deuxième partie du rapport est consacrée à l’égalité dans les politiques locales. Vous rappelez qu’il ne s’agit pas d’uniformiser la société, comme le prétendent souvent les esprits conservateurs, mais de donner les mêmes chances à tous. L’évolution des mentalités est bien sûr nécessaire pour parvenir à l’égalité réelle qui passe forcément par l’égalité professionnelle. Et en ces périodes où le communautarisme trouve trop souvent à s’exprimer, il était bon de mettre l’accent sur le fait que « l’égalité hommes-femmes est l’un des facteurs principaux d’intégration, de socialisation, un rempart contre le repli identitaire et les radicalisations diverses ». On ne rappellera jamais assez à quel point le rôle des femmes, parce qu’elles sont les premières concernées, est déterminant en la matière.

Beaucoup des actions entreprises ou prévues vont vraiment dans le bon sens. Prévoir une ligne budgétaire pour ces actions, organiser des journées du « matrimoine » pour mettre en avant la contribution des femmes à l’art. Dans le même sens, on pourrait aussi prévoir un rééquilibrage dans le nom des rues de notre ville…

Je trouve également très positive l’ambition d’obtenir un label d’excellence de notre ville en la matière.

III. Enfin, au-delà du rapport, nous avons un plan d’actions pour 2016-2020 (là encore, un document très bien fait) qui insiste particulièrement dans son axe 2 sur la lutte contre les violences faites aux femmes. En la matière, on ne peut nier qu’il y a une vraie volonté de notre collectivité. Et je voudrais saluer le travail fait au sein de l’Abri côtier qui est un lieu ressource pour les femmes en souffrance. Même si demeure toujours le problème de l’hébergement, solution incontournable pour permettre réellement aux femmes de quitter un conjoint violent.

Après tous ces compliments, vous m’autoriserez deux petites remarques quelque peu polémiques.

L’axe 1 du plan d’actions prévoit de réduire les stéréotypes liés au genre. Et l’un de ses objectifs consiste à féminiser ou masculiniser les titres, grades, fonctions. Il me semble qu’en tant qu’élus nous devrions donner l’exemple : ainsi Madame Estrosi-Sassone pourrait avantageusement se faire appeler Madame la Sénatrice comme la majorité de ses collègues au Sénat plutôt que Madame le Sénateur.

Deuxième petite remarque : toujours dans l’axe 1 du plan, il est fait état de la nécessité de veiller à une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les documents diffusés. Or, à la fin du document, vraisemblablement destiné à la communication, nous trouvons les noms des quatre personnes chargées de la coordination de la mise en œuvre du plan d’actions. Il s’agit de quatre femmes. Pourtant il y a une seule photo au début du Plan : celle du Président de la Métropole.

Aussi, je tiens à citer ici celles dont la photo a été oubliée et à les féliciter pour leur travail : merci Mesdames Maty Diouf, Nadia Levi, Joëlle Martinaux, nos collègues, et merci Madame Dominique Ramirez, référente, entre autres, de l’égalité femmes-hommes.